« Plus les ventes de livre sur Internet augmentent, plus la pression est forte sur les éditeurs pour qu’ils se conforment à la norme. »
Raoul Guénette, créateur d’Onixedit répond à nos questions.
Raoul Guénette, pouvez-vous vous présenter ?
Raoul Guénette : Je suis un spécialiste des technologies de l’information oeuvrant dans le domaine depuis mon baccalauréat en informatique de gestion obtenu en 1986. Ma spécialité est l’automatisation des processus d’affaires par la création de logiciels développés sur mesure en fonction des besoins des clients. J’ai réalisé au cours des 25 dernières années plusieurs centaines de systèmes informatiques et ce, sur différentes plateformes. La plupart de ces systèmes ont été réalisés au sein de mon entreprise de développement de logiciels sur mesure GPG-Solutions (www.gpg-solutions.com)
Qu’est ce que la norme Onix ?
RG : ONIX est un acronyme pour ONline Information EXchange. ONIX est un format standard que les éditeurs peuvent employer pour distribuer de l’information électronique que l’on appelle « métadonnées » à propos de leurs livres aux grossistes, distributeurs, revendeurs et libraires. Bref, à tous ceux qui sont impliqués dans la vente de livres. ONIX permet la transmission des informations sur les livres entre différentes organisations et ce, même si leurs infrastructures et besoins d’affaires diffèrent. Le support employé est un fichier XML qui est également un standard en technologies de l’information.
Depuis quand cette norme existe-t-elle et qui en est à l’origine ?
RG : C’est le groupe international EDItEUR (www.editeur.org) qui coordonne le développement de standards en matière de commerce électronique pour l’industrie du livre qui a réalisé la norme ONIX en 2000. Immédiatement après son lancement, ONIX a vite été adopté par les acteurs importants de la chaine du livre dans le monde comme moyen privilégié de transmission des métadonnées d’ordre bibliographique, commerciale et promotionnel.
Les recherches ont prouvé que plus le consommateur dispose d’informations à propos d’un livre, plus il sera enclin à l’acheter. ONIX fourni aux éditeurs, un moyen pour transmettre toutes ces informations de façon rigoureuse et standardisée vers tous les partenaires
Pourquoi une telle norme ? Le livre en a-t-il vraiment besoin ?
RG : ONIX a été développé pour répondre à 2 besoins :
· Maintenir des informations en ligne plus riches;
· Offrir un standard de communication entre les différents intervenants.
Avec l’avancé de l’Internet et l’explosion des ventes de livres en ligne et plus récemment du livre électronique, l’industrie du livre s’est retrouvée devant une situation difficile : comment fournir aux revendeurs en ligne, l’information requise par les acheteurs. Chez le libraire, l’acheteur dispose du livre à feuilleter, de sa page couverture, de la biographie de l’auteur, du synopsis et autre. Toute l’information promotionnelle requise par l’acheteur pour prendre sa décision d’achat. Sur Internet, le livre physique a été remplacé par une page web où se retrouve toute l’information pertinente du livre avec en plus, de l’audio, de la vidéo, des extraits en format pdf et même le livre complet en format électronique. Les recherches ont prouvé que plus le consommateur dispose d’informations à propos d’un livre, plus il sera enclin à l’acheter. ONIX fourni aux éditeurs, un moyen pour transmettre toutes ces informations de façon rigoureuse et standardisée vers tous les partenaires d’affaire.
Les acteurs du livre utilisent-ils cette norme ?
RG : De plus en plus. Comme il s’agit d’un standard généralement reconnu dans le monde, tous les acteurs du livre ont intérêt à s’y conformer et c’est exactement ce qui se produit. La norme ONIX est utilisée sur tous les continents avec par contre, un niveau de popularité différent d’une région à l’autre. Mais dans l’ensemble, plus les ventes de livre sur Internet augmentent, plus la pression est forte sur les éditeurs pour qu’ils se conforment à la norme.
D’où vient, à votre avis, le fait que la norme Onix a encore du mal à s’imposer?
RG : C’est une question de temps. Le cycle de vente conventionnel vit en ce moment un profond bouleversement. Des opportunités nouvelles s’offrent aux éditeurs. La vente en ligne, le livre électronique, les marchés étrangers. Tout ça est à la portée de tous maintenant. Mais ces changements qui s’opèrent si rapidement ne peuvent survivre dans l’anarchie. La norme ONIX est là pour paver la voie au nouveau modèle d’affaire de la vente du livre dans le village global.
Pour des entreprises d’envergure disposant de leur propre département d’informatique, produire des fichiers ONIX malgré sa complexité, est une chose relativement facile. Mais pour un éditeur qui ne dispose pas d’informaticiens chevronnés, cela peut devenir un important casse-tête.
Pourquoi vous êtes-vous intéressé à cette norme et comment en êtes-vous arrivé à créer Onixedit ?
RG : ONIXEDIT est né à la suite d’un appel d’offres que ma compagnie de développement GPG-Solutions a obtenu en 2004. Ce mandat de développement de la Banque de Titres de Langue Française (www.btlf.qc.ca) consistait à convertir et adapter à la norme ONIX, le flux de données commerciales sur les livres francophones au Canada maintenu par la BTLF. Ce fut notre premier contact avec la norme ONIX.
Pour des entreprises d’envergure disposant de leur propre département TI, produire des fichiers ONIX malgré sa complexité, est une chose relativement facile. Mais pour un éditeur qui ne dispose pas d’informaticiens chevronnés, cela peut devenir un important casse-tête. En effet, la norme ONIX est complexe, rigoureuse et se présente sous forme d’un fichier XML lourd avec une syntaxe et des règles d’applications rigoureuses et difficile à maîtriser.
C’est pourquoi nous avons fait une première version d’un logiciel ONIX en 2005 nommé à l’époque Exa Éditeur qui était destiné aux éditeurs pour leur permettre de créer facilement des fichiers ONIX sur leurs bouquins. Plus tard en octobre 2009, nous avons officiellement mis sur le marché le logiciel ONIXEDIT offrant une interface plus simple et axé sur la prise en charge et la validation des métadonnées ONIX en fonction des normes d’applicabilité en vigueur dans les différents territoires où ONIX est utilisé.
Quels avantages un utilisateur de la norme Onix peut-il en tirer par rapport à quelqu’un qui néglige cette norme ?
RG : Le monde du livre subit une transformation voire, un bouleversement majeur présentement équivalent à ce qui est arrivé à l’industrie du disque récemment. On ne parle plus maintenant de chaine du livre mais bien de réseau du livre où le plus petit éditeur, voire même l’auteur peuvent maintenant court-circuiter la chaine commerciale conventionnelle et vendre directement en ligne au lecteur ou faire affaire avec des grossistes en minimisant les intermédiaires. La vente de livres en lignes est en forte croissance. Sans compter l’avènement du livre électronique qui vient pour la première fois de supplanter les ventes des livres conventionnels cette année aux États-Unis.
Mais le livre qu’il soit physique ou électronique ne sera présenté à l’acheteur potentiel qui navigue sur Internet que s’il est correctement répertorié. Et pour ce faire, les engins de recherche, les agrégateurs de données, les sites de vente de livres en ligne, tous ont besoin d’être alimenté en métadonnées riches et de qualité. Un livre qui est pauvrement décrit ou dont la classification est approximative, erronée ou absente demeurera invisible sur la toile. Donc, tout est une question de visibilité. La norme ONIX c’est ça! Elle offre aux éditeurs la capacité d’accroître la visibilité de leurs livres sur Internet. Et c’est pourquoi, la norme ONIX est utilisée par un nombre croissant d’acteurs du livre présentement.
Onix même avec Onixedit, cela reste compliqué avec tous ces formats différents. Pourquoi n’y a-t-il pas un seul format ? Un standard ?
RG : En fait, il n’y a qu’un seul standard ONIX. Par contre il y a des réalités territoriales et commerciales qui diffèrent d’une région à l’autre et c’est pourquoi, des organismes comme la BTLF et Booknet au Canada, BISG aux État-Unis, BIC en Angleterre et APA en Australie ont établi des règles de bonnes pratiques sur l’usage de la norme ONIX sur leur territoire respectif. Ces règles particulières spécifient par exemple que malgré qu’il n’est pas obligatoire dans la norme ONIX de transmettre une image de couverture, cela est fortement recommandé par certaines des organisations citées plus haut. Quelques une vont même jusqu’à mettre en place un programme de certification accordé aux acteurs du livre qui se conforme à leurs règles d’application de la norme ONIX. C’est pourquoi ONIXEDIT vous aide non seulement à créer des fichiers XML conformes à la norme ONIX mais en plus il vous aide à identifier et corriger les erreurs d’application e cette norme pour le marché que vous visé.
Quels sont les points forts d’Onixedit ?
RG :Il y en a plusieurs:
· Facilité d’utilisation.
· Pas besoin de connaitre la norme ONIX ni le XML. ONIXEDIT se charge de ces questions techniques et vous présente une interface d’utilisation à l’échelle humaine. Vous pouvez ne jamais avoir à vous soucier de la norme ONIX si vous le souhaitez. D’un autre côté si vous vous y intéressez, ONIXEDIT est un excellent outil d’apprentissage.
· Outil de validation de la norme ONIX et des règles d’applications de nombreux organisme intégré.
· La touche F8 positionne automatiquement le curseur au prochain champ en erreur en vous indiquant la nature du problème. Vous n’avez qu’à remplir les cases une à une pour créer facilement un fichier ONIX valide.
· Définition de valeurs par défaut pour accélérer l’ajout de nouveaux livres dans vos fichiers ONIX.
· Prise en charge automatique des fichiers médias (image, pdf, epub)
· Transmission automatisée de vos fichiers ONIX à vos partenaires d’affaires.
· Outil générique d’import/export et conversion de fichiers plats ou Excel vers et en provenance d’un fichier ONIX.
· Interface et documentation anglaise et française.
· Très abordable. Version régulière à partir de $99 CAD
Il n’existe pas à ma connaissance d’outils équivalent à Onixedit…
RG :ONIXEDIT est unique. C’est le seul logiciel entièrement autonome qui permet d’ouvrir, d’éditer et d’importer des fichiers ONIX 2.1 directement et qui vous donne le plein contrôle sur vos métadonnées.
Onixedit est-il évolutif ? L’adaptez-vous aux besoin du client ?
RG :Chaque visiteur de notre site web qui télécharge notre version d’essai gratuite est invité à nous transmettre quelques jours plus tard ses impressions, critiques et améliorations souhaitées. Il en va de même pour nos fidèles utilisateurs. Toutes demandes d’améliorations ou de nouvelles fonctionnalités est prise en considération et nombreuses sont celles qui ont été implantées à la suite de telles demandes. Nous sommes à l’écoute de nos utilisateurs qui forment une communauté vivante et dynamique tout comme ONIXEDIT.
Quels sont les développements en cours ? Le futur d’Onixedit ?
RG : Présentement nous complétons la version 2.5 qui introduira 44 nouveaux champs ONIX, un nouveau format de validation, et plein de nouvelles fonctionnalités. Cette version est également la première qui sera compatible avec notre édition Serveur d’ONIXEDIT qui permet à plusieurs utilisateurs de travailler ensemble sur un même catalogue de métadonnées ONIX. La version Serveur offre également une interface Web permettant aux utilisateurs ne disposant pas d’ONIXEDIT de tout de même participer à la gestion de métadonnées ONIX.
La version serveur est disponible dès maintenant.
Nous prévoyons offrir à notre clientèle une version dans le premier trimestre de 2012 qui sera entièrement compatible avec la norme ONIX 3.0
Nous avons pleins d’autres projets ONIX sur nos tables à dessins qui vous seront dévoilés sous peu. Gardez un œil sur nous car ONIXEDIT n’a pas fini de vous étonner!